La Seconde Naissance et les Solstices

De la Vierge au Capricorne via le Lion,

« L’Eveil du Serpent de Dieu »

 

La naissance de l’âme ou de l’égo dans le monde spirituel, le cinquième règne (Neptune et Uranus) résulte de la « mort occulte » de la personnalité, le Lion, « de la mort à l’immortalité ». C’est au terme d’un long pèlerinage dans le monde de l’Illusion (Maya), que l’âme le « Fils Prodigue », est libérée des trois mondes inférieurs dont la Maison XII astrologique est la représentation. Elle est décrite comme la prison de l’âme, le lieu de son exil, du karma et de la rédemption de la substance, de la matière, de la forme et de l’inconscient.

« Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création toute entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement »[1], en attendant la révélation des Fils de Dieu. Alors vient la résurrection[2] de l’Esprit, qui n’est autre que la destruction du Corps Causal, le corps de manifestation de l’âme qui fut nécessaire à son parcours évolutif. Le Scorpion marque la victoire finale de l’âme sur la forme. L’ achèvement de la forme ou de la personnalité a lieu à la troisième initiation laquelle trouve son apogée à la première initiation hiérarchique quand l’influence de Sirius et Vénus se font sentir. C’est le moment où ni la Lune, ni le Soleil ne gouvernent plus l’initié, les luminaires sont devenus uniquement des instruments pour le Grand Œuvre. La quatrième initiation, celle de la Grande Renonciation, appelée en sanskrit Moksha, dont la qualité est la Crucifixion, vient confirmer la troisième initiation, la Transfiguration. Désormais, l’Ego est libéré de la domination de la personnalité, cette dernière devenant un instrument fiable au service de l’Ego transfiguré.

« La troisième initiation est du point de vue du disciple (Scorpion) ce que la première initiation hiérarchique est à l’initié (Capricorne) ».

La nature de l’âme est solaire et lunaire, ombre et lumière. Durant le cycle évolutif, le Soleil , en tant que planète non sacrée, gouverne le Lion. La fonction du Soleil est triple : exotérique (personnalité), ésotérique (âme) et hiérarchique (esprit). La seconde naissance est donc un événement majeur dans la vie de l’âme qui entre dans une expansion de conscience jusqu’au moment de la révélation finale, « CELA », HAM’SA, TAT, l’émergence au Jour, la Lumière révélée, la rune DAGAZ.

Le Lion ainsi que le Capricorne sont liés aux mystères du Sphinx et de la Licorne. Le Lion forme un quinconce, un aspect astrologique de 150 degrés, avec le Capricorne. Par conséquent Saturne (personnalité), le maître exotérique et ésotérique du Capricorne, « voile » le Soleil (Soi). Esotériquement le Soleil en tant que Fils de Saturne est l’Œuvre au Noir, le déshabillage du vieil homme. Le Soleil est le Grand Œuvre, l’Œuvre au Rouge, le Phoenix et la Lune le Petit Œuvre, l’Œuvre au Blanc, la Colombe. Le Capricorne est le Berceau du Christ, le lieu de la Seconde Naissance et de la Transfiguration. Vénus est la Transfiguration, elle se substitue à Saturne (Karma), lorsque l’âme est  montée sur la Croix Cardinale. « Le Lion, devenu conscient de soi, devient l’initié Christ/Soi dans le Capricorne ». Il a émergé des Ténèbres grâce au Feu purificateur de l’Esprit. L’Ombre est intégrée car « Dieu est Obscurité ».

Le Soleil est un mythe majeur de l’initiation. Il représente l’un des plus grands Mystères de la Création. Il est la sagesse suprême révélée dans le livre d’Hermès Trismégiste : « le Tout est Esprit : l’Univers est Mental »[3].  Le ciel astronomique décrit métaphoriquement le mystère de la deuxième naissance. « Vous êtes des dieux »[4], « tous les êtres sont des Bouddhas », ce qui signifie ésotériquement que vous êtes des étoiles qui brillent dans le ciel. « Tous les Cieux glorifient le Seigneur ». La Lumière ne peut être révélée que par l’Ombre. La naissance véritable est toujours vécue dans une grotte abyssale : le Cœur. Les solstices et les équinoxes expriment la naissance du Dieu Solaire dont la nature est le « divin Sacrifice », à l’image du Logos Solaire, le Grand Homme Céleste.

« Techniquement, le Sacrifice est l’obtention d’un état de félicité et d’extase, car c’est la réalisation d’un autre aspect divin, caché jusque-là par l’âme et la personnalité. C’est la compréhension et la reconnaissance de la Volonté-de-bien qui ont rendu la création possible et inévitable, et qui ont été la vraie cause de la manifestation »[5].

Le Sacrifice du latin ‘sacer’ signifiant ‘rendre sacré’ ou ésotériquement « prise en charge », sauver est le but même de toute âme qui est libérée de l’illusion de l’égo. L’amour sous-tend tout l’univers et cet amour est l’expression de la compassion.

« Il descendit aux Enfers et au troisième jour, il ressuscita [Aube] »[6]. La naissance du Christ-Soi est célébrée le 25 décembre par les Chrétiens, trois ou quatre jours après le Solstice. La fête de Noël avant d’être chrétienne était essentiellement astronomique. Toutes les religions (Jupiter) sont des allégories astronomiques. Suivant les années, astronomiquement, les solstices n’ont pas toujours lieu les 21 juin et 21 décembre, les dates peuvent varier entre le 20, le 21, le 22 et le 23. Le Soleil solsticial forme un analemme, le huit christique du solstice du Nord au solstice du Sud lesquels représentent les deux Portes du Zodiaque Cancer/Capricorne. Le mot solstice vient du latin ‘solstitium’, un mot composé de ‘sol’ (« soleil ») et de ‘sistere’ (ou stare) qui signifie « s’arrêter » ou « demeurer immobile ». l’étymologie décrit ainsi le moment où le mouvement apparent du soleil sur la sphère céleste s’arrête avant de changer de direction atteignant sa déclinaison maximale ou minimale, « le soleil s’arrête » !

Astronomiquement la Cène du Christ-Soleil, ésotériquement a lieu en Balance (minuit). Le Soleil est en chute dans ce signe, lors de l’équinoxe. La Cène « le dernier repas », a lieu avant sa Crucifixion sur le Mont Golgotha « lieu du crâne ». « Ceci est mon corps…ceci est le sang de l’alliance »[7]. Le pain et l’eau sont les deux symboles majeurs dans l’initiation, celles de la Transfiguration et de la Crucifixion.

« Voici mon corps que je détruis afin qu’il soit renouvelé » est l’allégorie de la Passion d’Osiris dans le démembrement de son corps en quatorze morceaux, métaphoriquement le Soleil devient le Soleil de sacrifice dans sa déclinaison sud sur la Croix du Sud. Sa réapparition à l’aube le 21 décembre symbolise la victoire de la lumière sur les ténèbres « Sol Invictus ». Cette victoire de la lumière est également fêtée en Inde lors du festival Makar Sankranti, qui représente Uttarayana[8] et lors de la fête de Yule par les Celtes.

« Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? »[9]. Le Vivant est l’épithète d’Osiris.

« Le démembrement symbolise le passage du monde de l’UN à celui de la multiplicité et de l’individuation »[10]. De même Osiris, après être descendu dans la Douat, renait à l’équinoxe de printemps en Bélier dans le corps d’Horus, le Soleil en exaltation dans ce signe- c’est le retour de la lumière et sa résurrection. La métaphore de l’arrêt du Soleil dans le ciel est symbolisée par l’arrestation du Christ à Gethsémani la nuit, c’est la Passion du Christ. Le Christ ressuscite lors de la Pâques[11] en Bélier, le jour du soleil, le dimanche.  Il nous faut cependant noter, le solstice du 21 décembre est le pendant ésotérique du solstice du 21 juin exprimé par Jean le Baptiste : « Il faut qu’Il croisse et que je diminue »[12].  Le mantra des Gémeaux est « Je reconnais mon autre moi et dans l’effacement de ce moi, je crois et je luis ». La symbolique astronomique est parfaitement illustrée, la déclinaison maximale décroît au profit de la déclinaison minimale.

De même dans la vie de chaque âme, arrive ce moment ultime du passage de la mort du vieil homme (Cancer) à la naissance de l’Homme nouveau, régénéré ayant vaincu l’obscurité (Ignorance). Le Capricorne est le tombeau de matière, lieu de la mort, le « sépulcre blanchi », l’expression du Christ qui désigne ceux qui sont enfermés dans le mental, la roue des cycles de renaissance, la transmigration ou le Samsara.

« Le Bélier se tourne vers le Capricorne » est la condition majeure de la seconde naissance ou la victoire de la lumière : « de l’irréel au réel, de la mort à l’immortalité », Horus, le Soleil a vaincu Seth, les ténèbres. La Lumière et l’Ombre ne font qu’UN ! « Que les deux se fondent en un » est le mot de pouvoir du Seigneur du Rayon IV. « Que le plus haut et le plus bas se rencontrent » est celui du Rayon VII.

Le chemin des équinoxes[13] est l’instant où le Soleil atteint le parfait équilibre sur toute la Terre, il est à la verticale à l’équateur. C’est l’expression de l’homme debout (colonne vertébrale) ou le Djed d’Osiris qui est la naissance véritable dans le monde spirituel. La naissance dans le monde d’en bas est une mort, la mort est une naissance. Le Rayon IV est représenté par Mercure, le Fils, le régent ésotérique du Bélier et  par la Lune, le régent ésotérique de la Vierge.  Nous assistons à la naissance d’Horus, grâce au Rayon IV, union d’énergie totale.

Le Scorpion indique alors, la victoire définitive de l’âme sur la forme  après la sombre nuit ou « nuit noire », apparaît le Soleil radieux à l’aube (Capricorne), Ré-Horakhty. « Je suis dans la lumière transcendante et cependant je tourne le dos à cette lumière » est le mantra de l’âme triomphante. « Immobilité  active »- « activité passive », tel est le véritable chemin de l’Homme ressuscité des Enfers. C’est l’initié Capricorne dans le monde, le serviteur dans le Verseau et le sauveur dans les Poissons. Il est libre de toute chaîne dans les trois mondes, le parfait Samnyasin, le Christ, le Boddhisattva…

« Il est dans le monde, mais pas du monde »[14].

Dans la Constellation du Chien, Sirius, « l’Etoile de la Sensibilité et de l’Initiation » s’élève dans l’initié. Accoucher le Soi nécessite le Sacrifice du non-soi par l’amour. Le Lion, Sirius et Jupiter forment le triangle ésotérique de la seconde naissance. Le Sacrifice est par conséquent la Voie de tous les dieux solaires nés en Taureau. Un autre triangle ésotérique important est formé par le Lion, l’Etoile Polaire et la Grande Ourse.

« Je ne suis pas venu apporter la paix mais l’épée »[15].

«  Nous avons vu son Etoile dans le ciel disent les bergers, l’étoile de Bethléem ». Les Rois Mages, symbole de la ceinture d’Orion viennent adorer la nouvelle Etoile, celle de Sirius. Orion est la constellation d’Osiris.

C’est à l’Orient que s’est levée l’Etoile de Noël (Naissance). Sirius est l’étoile d’Isis. Isis est le prototype de toutes les divinités féminines.

« L’homme qui a rejoint l’unité est roi, il est couronné »[16].

« Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits »[17]. Le blé est un symbole solaire et représente tous les initiés qui œuvrent pour la Paix.

Grotte, Village de Guellala, Ile de Djerba

 

« Je suis la Vie même, donc je suis immortel »[18].

Grâce à son amour et à son sacrifice consenti, la Vierge, l’Etoile Spica, donne naissance au Verbe/Mercure, le Fils, le Lion (Vierge et Lion fusionnés).

« Le Verbe s’est fait chair ».[19] La Vierge détient le mystère de l’incarnation du Verbe.

« Comme le serpent qui mue, l’âme se transforme en abandonnant ce qui n’est plus »[20].

« Le Père et moi, nous sommes un »[21].

 

Joyeux Noël et Nouvel An.

OM ! HOTEP !

 

[1] Evangile, Romains, VIII, 22.

[2] La Résurrection et l’Ascension sont des termes synonymes.

[3] William Walker Atkinson, Le Kybalion, Philosophie Hermétique, Editions Triangles, 2025, p.28.

[4] Bible, Psaumes, chapitre 82, 6 et Evangile de Jean, X,34.

[5] A. Bailey, Rayons et Initiations, Vol. V, p.398 (492).

[6] Le crédo des apôtres.

[7] Evangile de Luc, XXII, 19-20 ; 2vangile de Matthieu, XXVI, 26-28.

[8] Terme sanskrit désignant le moment où la Soleil se déplace vers le Nord.

[9] Evangile de Luc, XXIV, 5.

[10] Julius Evola, Métaphysique du Sexe, p.195.

[11] La Pâques chrétienne est fêtée le premier dimanche après la Nouvelle Lune qui suit l’entrée du Soleil en Bélier.

[12] Evangile de Jean, III, 30.

[13] Equinoxe vient du latin, « equi » « nox », avec equi signifiant « égal » et nox signifiant « nuit » : « la nuit [est] égale au [jour] ».

[14] Evangile de Jean, XVII, 16.

[15] Evangile de Matthieu, X, 34.

[16] Annick de Souzenelle, Le Symbolisme du Corps Humain.

[17] Evangile de Jean, XII, 24.

[18] A. Bailey, Rayons et Initiations, p.588 (732).

[19] Evangile de Jean, I, 14.

[20] Proverbe chinois.

[21] Evangile de Jean, X, 30.